Il faut dire que c’est l’une des villes les plus anciennes d’Amérique du Nord, et il est vrai qu’elle a malgré tout un certain charme.
En revanche les Québécois ont un peu tendance à se la jouer et pensent que le monde entier est à la fête, mais il faut se rendre à l’évidence : personne ne sait où se trouve la ville de Québec, même pas les Français qui seraient pourtant les plus susceptibles de savoir où elle se situe vu que c’est eux qui l’ont fondée... mais ces derniers ont du mal à faire la différence entre Québec, la ville, et la province du Québec, quand ils ne confondent pas tout simplement le tout avec le Canada.
En arrivant au Québec, j’étais a priori, et bien naïvement, un sympathisant à la cause séparatiste québécoise, pensant à tort qu’il s’agissait du combat noble d’un peuple pour préserver sa culture et son histoire.
Après avoir vécu deux ans à Québec, la ville, j’ai compris qu’il ne s’agit que de guéguerres politiques visant uniquement à foutre la merde dans le Canada en jouant les Caliméro. La culture il n’y a guère que les universitaires qui s’en soucient, et ce ne sont pas forcément les plus farouches défenseurs du souverainisme. Les séparatistes purs et durs sont souvent les plus ignorants, ceux qui ne savent même pas parler leur propre langue, encore moins la lire ou l’écrire — c’est à dire une grande partie de la population. Presque la moitié.
Le mouvement séparatiste est en fait un mouvement nationaliste de bas étages qui est plus teinté de xénophobie qu’autre chose, et qui se sert de l’ignorance crasse du peuple québécois pour lui laver le cerveau avec une honteuse propagande qui le dépeint comme un peuple opprimé, colonisé [1], victimisé.
Après deux ans passés au Québec — à Québec — je n’ai plus aucun respect pour l’idéal souverainiste québécois qui n’est autre qu’une idéologie du renfermement sur soi et du rejet de tout ce qui est étranger, Français compris, alors que les Français seraient des alliés naturels des vélléités séparatistes du peuple québécois.
C’est ce refus de l’autre qui nous a rendu le Québec étouffant, ce sentiment qu’en dépit de tous nos efforts et notre bonne volonté nous ne serions jamais acceptés en cette terre si hostile à l’étranger.
Je suis à ma façon un grand défenseur de la langue française et il est paradoxal que pour être à l’aise dans ma francophonie, pour m’assurer que mes enfants maîtrisent la langue de Molière, il ait fallu que je me réfugie dans la province voisine de l’Ontario, presque complètement anglophone.

L’Ontario a 30 ans d’avance sur le Québec quand il s’agit d’ouvrir les bras à l’immigration et intégrer les nouveaux arrivants dans son tissu économique, culturel et social. Je me suis tout de suite senti à l’aise en Ontario, je me suis senti chez moi, je me suis senti bien dans ma condition d’anglophone, mais avant tout de francophone - car si j’use indifféremment des deux langues, c’est vers la dernière que penche mon cœur. Ici j’ai trouvé des gens qui se battent pour le français, pour que leurs enfants aiment cette langue. Au Québec je n’avais trouvé que négligence et indifférence face au massacre linguistique qui y sévit.
Maintenant je suis et me sens Canadien. Je sais également que si je remets les pieds aux Québec, j’y serai accueilli en Canadien, c’est à dire avec mépris. Et pour couronner le tout, je demeure également un indécrottable Maudit Français. Exactement les deux choses qu’il ne faut pas être au Québec. Mais je m’en fous, au moins je me sens bien dans ma peau et je n’ai pas de complexe avec ça.
Québec, au milieu de tout ça, reste quand même une belle ville dont j’ai beaucoup apprécié certains aspects que je retrouve en partie dans ma vie actuelle à Waterloo.
Un peu comme Paris — cette ville merveilleuse dont on aimerait bien parfois qu’elle se vide de ses Parisiens — Québec est une belle ville, mais elle a le défaut d’être pleine de Québécois ;)
Aujourd’hui je me joins aux célébrations des 400 ans de la belle ville de Québec, joyau de l’histoire du Canada.
[1] Je rappelle au passage que les Québecois sont des colonisateurs, tout comme les Canadiens anglais. La différence entre les deux, c’est que les Québecois sont ceux qui ont perdu la guerre. En anglais on dit loser, en québécois on dit côlon, avec un accent circonflexe comme la partie du tube digestif qui mène au rectum.